« Nihon shoki » — qu'est-ce que ce livre et à quoi sert-il

Le « Nihon shoki » est la deuxième chronique officielle du Japon, bien plus volumineuse : achevée en 720, écrite en chinois classique pour le prestige diplomatique. Sa principale particularité est de donner, au lieu d'une seule version du mythe, plusieurs versions successives : « selon certaines sources, c'était ainsi, selon d'autres, autrement ». Pas de canon unique : une rigueur scientifique mille ans avant la science elle-même.

« Nihon shoki » — qu'est-ce que ce livre et à quoi sert-il

Le titre semble des plus secs — « Chroniques du Japon » — mais en réalité c'est la source la plus ramifiée et la plus contradictoire sur tous les dieux à la fois : les auteurs admettaient honnêtement qu'il existait plusieurs versions du mythe et se contentaient de toutes les énumérer.

Qu'est-ce que le « Nihon shoki » et pourquoi a-t-il été écrit

Le « Nihon shoki » est la deuxième des principales chroniques japonaises anciennes, achevée en 720, huit ans après le « Kojiki », sous la direction du prince Toneri. La chronique n'est pas écrite dans l'écriture hybride de son prédécesseur, mais en chinois classique (kanbun) — le but était que le texte soit lu également hors du pays, il était donc important de se conformer aux normes continentales de la prose historique.

  • Année d'achèvement : 720, avec le prince Toneri comme principal compilateur.
  • Volume : 30 rouleaux contre trois pour le « Kojiki » — une narration bien plus détaillée.
  • Langue : chinois classique, contrairement au japonais hybride du « Kojiki ».
  • Particularité : donne plusieurs versions alternatives du même mythe à la suite, sans choisir à la place du lecteur.

Comment les chercheurs lisent la chronique

Les chercheurs en mythologie lisent généralement le « Kojiki » et le « Nihon shoki » en parallèle : là où une source diverge de l'autre, c'est un indice que le mythe n'était pas unifié dans tout le pays, mais était assemblé à partir de différentes versions régionales — une fenêtre directe sur la tradition orale pré-écrite.

日本書紀 — « Annales du Japon »

JaponaisLectureTraduction
日本書紀Nihon Shoki · Nihon Shoki« Chroniques du Japon »
日本Nihon · NihonJapon
一書曰くaru fumi ni iwaku · aru fumi ni iwaku« Dans l'un des rouleaux, il est dit » — formule précédant une version alternative du mythe
六国史Rikkokushi · Rikkokushi« Six histoires nationales » — recueil dont cette chronique fait partie
舎人親王Toneri Shinnō · prince ToneriPrincipal compilateur de la chronique

De quels signes le titre est composé

日本書紀 se lit にほんしょき : 日本 « Japon » (littéralement « source du soleil »), 書 « écrire, livre », 紀 « chronique, annales, ère ». 日本 est le tout premier mot appris au niveau N5, et c'est aussi lui qui ouvre le titre de la principale chronique d'État du pays.

— значение: chronique, compte, récit, histoire, annales — онъёми: キ — 9 штрих(ов). 紀 — « chronique, annales, ère » : à gauche le fil 糸, à droite le phonétique 己. Le même signe dans 世紀 (siècle) et 紀元 (ère, époque).

Écrivez 紀 en suivant les guides et décomposez l'ordre des traits.

En quoi il diffère du « Kojiki »

Si le « Kojiki » est une histoire cohérente, racontée une seule fois, le « Nihon shoki » ressemble davantage à une archive de brouillons laissés tels quels : chaque version du mythe est honnêtement marquée « selon certaines sources » ou « dans un autre rouleau, il est dit ». Pour un document diplomatique, une telle méticulosité est inhabituelle — les chroniques d'État cherchent généralement une version unique et commode des événements, plutôt qu'un catalogue de variantes.

Ce qu'on peut en lire en français

Le « Nihon shoki » est un texte de travail, de référence. Des éditions françaises existent dans des traductions académiques destinées plutôt au chercheur qu'au lecteur occasionnel — contrairement aux adaptations bien plus accessibles du « Kojiki ».

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le nihon shoki ?
La deuxième des principales chroniques japonaises anciennes, achevée en 720 en chinois classique. Elle donne plusieurs versions du même mythe à la suite — le « Kojiki » ne fait pas cela.
À quoi sert le nihon shoki ?
En tant que document d'État — pour le prestige diplomatique vis-à-vis des voisins continentaux ; en tant que source — pour recouper les versions des mythes avec le récit plus cohérent du « Kojiki ».
Comment s'écrit « nihon shoki » en japonais ?
日本書紀 (にほんしょき) : 日本 « Japon », 書 « livre », 紀 « chronique ». Le titre signifie littéralement « livre de chronique du Japon ».
Que signifie nihon shoki ?
Littéralement — « chroniques du Japon » : 日本 « Japon » plus 書紀 « livre de chronique ». L'un des six recueils officiels d'histoire nationale, connus sous le nom de Rikkokushi.
Où trouve-t-on le nihon shoki au Japon ?
Comme source académique — dans les recherches sur le shinto et l'histoire ancienne, plus rarement comme objet touristique : contrairement au « Kojiki », il n'a pas de culte dédié, c'est un texte historique de travail.
Le « Nihon shoki » se reflète-t-il dans les anime ?
Directement, rarement — le texte est trop spécialisé. Mais les versions alternatives des mythes qu'il contient sont parfois utilisées par des auteurs à qui la version plus connue du « Kojiki » ne convenait pas.

Sources

Mis à jour: 2026-08-29

Japanese Zen