Armures japonaises : o-yoroi, do-maru et tosei-gusoku — quelles différences
Les armures japonaises ne sont pas une seule armure, mais quatre types qui se sont succédé. L'o-yoroi était porté par l'archer à cheval de l'époque Heian, le do-maru et le haramaki étaient faits pour le combat à pied, et le tosei-gusoku est apparu à l'époque Sengoku, quand les arquebuses sont arrivées sur le champ de bataille. Tous sont assemblés à partir des mêmes pièces : casque, corps, épaulières, brassards, jambières.

Au Japon, l'armure n'a pas changé selon la mode, mais au rythme de l'évolution du combat. Tant qu'on se battait à cheval et qu'on tirait à l'arc, le corps était fait en forme de boîte et rigide. Quand le combat est devenu pédestre et massif, l'armure s'est allégée et s'est ajustée à la silhouette. Quand les armes à feu sont arrivées, la poitrine est redevenue d'une seule pièce et épaisse.
Quatre types d'armure qu'il faut savoir distinguer
| Nom | Écriture | Époque | Pour qui et en quoi elle diffère |
|---|---|---|---|
| O-yoroi | 大鎧 | Xe–XIVe siècles | Armure du noble archer à cheval. Corps en forme de boîte, larges épaulières o-sode qui protègent le bras quand on tend l'arc. Lourde : selon les estimations, 25–30 kg |
| Do-maru | 胴丸 | XIIe–XVIe siècles | Enveloppe le corps et s'attache sous le bras droit. Faite pour les guerriers à pied, plus tard portée aussi par les nobles — plus légère et plus mobile que l'o-yoroi |
| Haramaki | 腹巻 | XIVe–XVIe siècles | Se croise non pas sur le côté, mais dans le dos. La variante la plus légère ; l'ouverture dans le dos était couverte par une plaque séparée |
| Tosei-gusoku | 当世具足 | XVIe–XIXe siècles | « Armure du temps présent ». Grandes plaques d'une seule pièce au lieu de petites lamelles, conçue pour résister à la balle et pour la production de masse |
Sur quel critère on les classe
Le critère principal est la façon dont l'armure s'enfile et ce qu'elle protège en premier. L'o-yoroi, le do-maru et le haramaki diffèrent par l'emplacement de l'attache : sur le côté, à droite sous le bras ou dans le dos. Le tosei-gusoku est à part : ce n'est plus le développement du schéma précédent, mais une réponse à l'arquebuse. Les meilleurs exemplaires de ce type d'armure étaient testés par un tir, et la bosse sur la plaque de poitrine n'était pas un défaut, mais une marque de qualité.
De quoi l'armure est composée
L'ensemble s'appelle gusoku — « plénitude, ensemble complet ». Les pièces sont les mêmes pour les quatre types, seules les proportions et les matériaux changent.
- Kabuto (兜) — casque ; à l'arrière est fixé le couvre-nuque shikoro, sur les côtés sont souvent retroussées des « ailes » fukigaeshi
- Do (胴) — corps, partie principale ; c'est d'après lui que l'on nomme tout le type d'armure
- Sode (袖) — épaulières ; sur l'o-yoroi elles sont larges et remplacent presque le bouclier
- Kote (籠手) — brassards : manche tissée avec des plaques cousues et de la cotte de mailles
- Kusazuri (草摺) — « jupe » faite de bandes suspendues, couvrant les hanches
- Haidate et suneate — cuissards et jambières, apparaissent dans les ensembles tardifs
Qu'est-ce que le menpo
Le menpo (面頬) — masque couvrant la moitié inférieure du visage, du menton aux pommettes. Il a deux fonctions, et la seconde est plus importante que la première : protéger le visage et servir de point d'appui à la corde qui serre le casque — sans masque, le nœud sous le menton se défaisait. À l'extérieur, on donnait au masque une expression féroce et des moustaches en crin de cheval, à l'intérieur on le laquait souvent en rouge. Le masque couvrant tout le visage s'appelle somen, la version raccourcie — hanbo.
鎧 et les mots que l'on rencontre dans les cartels de musée
鎧 — значение: armure, cuirasse, revêtir son armure — онъёми: カイ、ガイ — кунъёми: よろ.う、よろい — 18 штрих(ов). 鎧 — « armure, cuirasse » : 18 traits, à gauche la clé « métal » 金. Seul, il se lit yoroi, dans les composés il donne kai et gai.
| Japonais | Lecture | Traduction |
|---|---|---|
| 鎧 | yoroi · yoroi | armure, cuirasse |
| 甲冑 | katchū · katchū | armure et casque comme ensemble complet (terme de musée et scientifique : c'est ainsi que l'on étiquette les pièces exposées) |
| 兜 | kabuto · kabuto | casque |
| 具足 | gusoku · gusoku | ensemble complet d'armure |
| 武具 | bugu · bugu | équipement militaire en général |
| 腹巻 | haramaki · haramaki | armure qui se croise dans le dos (en japonais moderne, le même mot signifie « ceinture de grossesse, bandeau pour le ventre ») |
Comment ces caractères se lisent
Pour 鎧 et 兜, les lectures japonaises sont yoroi et kabuto, elles s'entendent dans la parole. Les lectures chinoises apparaissent dans les mots composés : 甲冑 katchū, 鎧甲 gaikō. Si sur un cartel d'exposition figure 当世具足, c'est littéralement « gusoku du temps présent » — l'armure de l'époque Sengoku.
Écrivez 鎧 en suivant les guides : la clé « métal » à gauche, l'ordre des traits est indiqué par l'exercice.
Armes et voies guerrières dans cette rubrique
L'armure, c'est la moitié du sujet. À côté d'elle, dans cette rubrique, figurent les lames, les armes d'hast et les écoles qui les maniaient : elles sont traitées sur des pages séparées, dont les liens sont rassemblés ci-dessous.
Où voir de véritables armures
La plus grande collection se trouve au Musée national de Tokyo : on y trouve aussi bien un o-yoroi de l'époque Kamakura qu'un tosei-gusoku. Une partie des collections japonaises est numérisée dans la base e-Museum. Certains ensembles sont conservés dans les sanctuaires shintoïstes : on les y offrait après une victoire, c'est pourquoi beaucoup sont parvenus intacts.
Questions fréquentes
- Quels types d'armures japonaises existe-t-il ?
- On distingue quatre types principaux. L'o-yoroi est l'armure lourde de l'archer à cheval de l'époque Heian. Le do-maru et le haramaki sont plus légers, destinés au combat à pied, et diffèrent par l'emplacement de l'attache : sous le bras droit et dans le dos. Le tosei-gusoku est l'armure de l'époque Sengoku, avec de grandes plaques d'une seule pièce, conçue pour résister à une balle.
- Combien pesait une armure japonaise ?
- L'o-yoroi est estimé à 25–30 kg : c'est l'armure d'un cavalier, dont le poids est supporté par le cheval. Le do-maru et le haramaki sont nettement plus légers, de l'ordre de 10–20 kg, parce qu'on s'y battait à pied. Le tosei-gusoku était fait de poids variable — des ensembles légers des ashigaru ordinaires aux ensembles lourds testés par un tir.
- Qu'est-ce que le menpo ?
- Le menpo est un masque de protection couvrant la partie inférieure du visage, du menton aux pommettes. Outre la protection, il maintenait la corde du casque : sans point d'appui, le nœud sous le menton se défaisait. Le masque était fait avec une expression effrayante, des moustaches en crin de cheval et un nez amovible. La variante couvrant tout le visage s'appelle somen, la version raccourcie — hanbo.
- Comment s'écrit « armure » en japonais ?
- Le mot principal est 鎧, qui se lit yoroi. Dans les cartels de musée, on rencontre plus souvent 甲冑 katchū — « casque et armure » comme ensemble complet. L'ensemble complet de l'équipement s'appelle 具足 gusoku, et tout l'équipement militaire en général — 武具 bugu.
- Par où commencer pour s'y retrouver ?
- Par deux questions à poser à toute armure : comment elle s'attache et pour quel type de combat elle est conçue. La réponse donne immédiatement le type et l'époque. Ensuite, il est plus simple de partir des pièces — casque, corps, épaulières — parce qu'elles portent le même nom dans tous les types, et le cartel du musée devient lisible.
Sources
Mis à jour: 2026-09-10