Le Nouvel An au Japon : comment se célèbre le shōgatsu, du grand ménage au premier temple

Le Nouvel An au Japon n'est pas une simple nuit de fête : c'est le shōgatsu, une période de plusieurs jours rythmée par le grand ménage ōsōji, l'observation du premier lever de soleil le 1er janvier, la visite au temple hatsumōde et le repas osechi-ryōri composé de plats symboliques. On accueille la divinité de l'année toshigami dans une maison ornée de kadomatsu à l'entrée et de galettes kagami-mochi sur l'autel, et l'on raccompagne l'année écoulée avec les 108 coups de cloche des temples bouddhistes.

Le Nouvel An au Japon : comment se célèbre le shōgatsu, du grand ménage au premier temple

Le Nouvel An japonais ne dure pas une nuit mais plus d'une semaine, du grand ménage de fin décembre aux visites à la famille des premiers jours de janvier. Nous allons dérouler les étapes traditionnelles du shōgatsu dans l'ordre, expliquer la différence entre « yoi o-toshi o » et « akemashite omedetō », ce que symbolisent les plats de l'osechi-ryōri et pourquoi les Japonais ne décorent pas de sapin comme en Europe.

Le shōgatsu étape par étape : du ménage au premier rêve de l'année

  1. Fin décembre, on entreprend le grand ménage ōsōji : on se débarrasse de la poussière et de la malchance accumulées pendant l'année pour accueillir la divinité du Nouvel An dans une maison propre.
  2. À l'entrée, on installe les décorations de pin et de bambou kadomatsu et les guirlandes de paille shime-kazari ; à l'intérieur, on place des galettes kagami-mochi, qui marquent la maison comme résidence temporaire du toshigami, la divinité de l'année.
  3. On envoie à l'avance les cartes de vœux nengajō : la poste japonaise les distribue toutes ensemble le matin du 1er janvier.
  4. Le soir du 31 décembre, on mange le toshikoshi-soba, de longues nouilles de sarrasin qui symbolisent le passage d'une année à l'autre.
  5. Vers minuit, dans les temples bouddhistes, on sonne la cloche 108 fois : c'est le rite joya no kane.
  6. Le 1er janvier, beaucoup assistent au hatsuhinode, le premier lever de soleil de l'année, en se rendant souvent exprès dans un lieu offrant une belle vue.
  7. On sert sur la table l'osechi-ryōri, un ensemble de nombreux petits plats de fête.
  8. Dans les premiers jours de l'année, on visite un temple ou un sanctuaire : c'est le hatsumōde ; on offre aussi aux enfants de l'argent de poche dans des enveloppes otoshidama.
  9. La nuit du Nouvel An, on prête attention au premier rêve hatsuyume : selon la croyance, il est préférable d'y voir le mont Fuji, un faucon et une aubergine.

Quand commence le Nouvel An au Japon

Officiellement, l'année commence le 1er janvier selon le calendrier grégorien, adopté par le Japon en 1873 : le pays a alors abandonné d'un coup le calendrier luni-solaire qu'il utilisait depuis des siècles. Contrairement à la Chine et à la Corée, le Nouvel An lunaire n'est plus célébré aujourd'hui au Japon : les anciennes dates lunaires ne subsistent guère que dans les noms de certaines fêtes saisonnières.

正月 : les mots que l'on entend pendant les jours du Nouvel An

正 — значение: correct, premier (mois) — онъёми: セイ、ショウ — кунъёми: ただ.しい、ただ.す、まさ、まさ.に — 5 штрих(ов). 正 signifie « correct », et dans 正月 il prend aussi le sens de « premier » : littéralement « le mois correct », c'est-à-dire le premier mois de l'année, à partir duquel on comptait les autres.

JaponaisLectureTraduction
あけましておめでとうございますakemashite omedetō gozaimasu · akemashite omedetō gozaimasuBonne année ! (se dit après minuit)
良いお年をyoi o-toshi o · yoi o-toshi oBonne fin d'année ! (se dit avant minuit)
年賀状nengajō · nengajōCarte de vœux du Nouvel An
お年玉otoshidama · otoshidamaArgent de poche offert aux enfants pour le Nouvel An
初詣hatsumōde · hatsumōdePremière visite de l'année à un temple ou un sanctuaire
門松kadomatsu · kadomatsuDécoration de pin et de bambou à l'entrée pour le Nouvel An

Quand dire « yoi o-toshi o » et quand dire « akemashite omedetō »

« Yoi o-toshi o », « bonne fin d'année », se dit avant minuit le 31 décembre, en prenant congé de l'année qui s'achève. « Akemashite omedetō (gozaimasu) » s'emploie une fois l'année nouvelle commencée et reste d'usage jusqu'aux premiers jours de janvier. Il ne faut pas les confondre : akemashite signifie littéralement « l'année s'est ouverte », et avant minuit ce vœu sonnerait comme un lapsus.

Écrivez 正 en suivant les guides : c'est le signe « premier » du mot 正月, « le mois correct ».

L'osechi-ryōri et les autres mets du Nouvel An

L'osechi-ryōri se prépare à l'avance et se range dans des boîtes à plusieurs étages, les jūbako, afin que la maîtresse de maison puisse se reposer des fourneaux pendant les premiers jours de l'année. Chaque plat a une signification. Les œufs de hareng kazunoko évoquent le souhait d'une descendance nombreuse : kazu signifie « nombre » et ko « enfants ». Le rouleau sucré d'omelette datemaki est associé au vœu de jours heureux et festifs. La saucisse de poisson kamaboko se coupe en tranches rouges et blanches : ensemble, ces couleurs signifient la fête et rappellent le lever du soleil.

Avec l'osechi-ryōri, on sert souvent l'ozōni, une soupe avec un morceau de mochi dans un bouillon dashi ; la recette varie sensiblement selon les régions : ici le bouillon est à base de miso, là il est clair, au soja.

Kagami-mochi : que sont ces galettes « miroir » ?

Le kagami-mochi est composé de deux galettes de riz rondes superposées, surmontées d'une orange amère daidai. Le nom se traduit par « mochi miroir » : leur forme rappelle les anciens miroirs ronds en bronze, qui servaient de réceptacle à l'esprit dans les rites shintoïstes. On considère que le kagami-mochi posé sur l'autel est la demeure temporaire du toshigami, la divinité de l'année ; il y reste jusqu'à un jour particulier du début de l'année, où on le casse à la main et on le mange, en soupe ou grillé.

Calendrier lunaire, sapin et magasins fermés : les idées fausses sur le Nouvel An japonais

  • « Le Nouvel An japonais se fête selon le calendrier lunaire, comme en Chine. » Non : depuis 1873, le Japon compte le Nouvel An selon le calendrier grégorien et le célèbre le 1er janvier avec le reste du monde ; le Nouvel An lunaire n'est resté que chez ses voisins.
  • « Au Japon, on offre des cadeaux sous le sapin, comme en Europe. » Pas tout à fait : le principal cadeau du Nouvel An n'est pas sous un sapin, mais l'otoshidama, de l'argent dans une enveloppe que les adultes offrent aux enfants après le passage à la nouvelle année.
  • « Au Japon, tout est fermé pour le Nouvel An. » Une partie des magasins et des restaurants est effectivement fermée les premiers jours de l'année, mais les grands centres commerciaux et les supérettes konbini ouvertes 24 h/24 le sont presque toujours : seul le programme peut différer légèrement de l'habitude.

Questions fréquentes

Quand fête-t-on le Nouvel An au Japon ?
Le 1er janvier, selon le calendrier grégorien, adopté par le Japon dès 1873. Mais les rites s'étalent sur plusieurs jours : le grand ménage a lieu fin décembre, et les visites à la famille et au temple se poursuivent jusqu'à la première semaine de janvier.
Comment souhaiter le Nouvel An en japonais ?
Avant minuit le 31 décembre, on dit « yoi o-toshi o », « bonne fin d'année ». Une fois l'année nouvelle commencée, on passe à « akemashite omedetō (gozaimasu) », un vœu pour l'année déjà entamée, qui reste d'usage jusqu'aux premiers jours de janvier.
Que mange-t-on pour le Nouvel An au Japon ?
L'osechi-ryōri, un ensemble de plats rangés dans des boîtes à étages jūbako, où presque chaque ingrédient a une signification : les œufs de hareng, par exemple, expriment le souhait d'une descendance nombreuse. On complète le repas avec la soupe ozōni au mochi et, la nuit du Nouvel An, les longues nouilles toshikoshi-soba.
Pourquoi sonne-t-on la cloche 108 fois au Japon ?
Le rite s'appelle joya no kane et, selon l'explication la plus répandue, ce nombre renvoie à l'enseignement bouddhiste des 108 désirs humains. D'autres interprétations du même nombre existent, et les temples eux-mêmes en donnent des versions différentes : il n'y a pas d'explication canonique unique.
Qu'est-ce que le hatsumōde ?
C'est la première visite de l'année à un temple ou un sanctuaire, généralement dans les premiers jours de janvier, même s'il n'y a pas de date stricte. On y demande la chance pour l'année à venir, on achète une nouvelle amulette en remplacement de celle de l'année passée et l'on tire souvent une prédiction sur papier.
Qu'offre-t-on aux enfants pour le Nouvel An japonais ?
L'otoshidama : de l'argent dans une petite enveloppe décorée, que les adultes de la famille offrent aux enfants après le passage à la nouvelle année. La somme augmente généralement avec l'âge de l'enfant et, pour beaucoup de familles, c'est le principal cadeau de toute la fête.

Sources

Mis à jour: 2026-09-14

禅

Japanese Zen